Patine d'Autrefois

Quelle granularité pour poncer ?

abrasifs

Pon­cer est sou­vent une des der­nières étapes (avec l’assemblage) avant d’appliquer une fini­tion. Cette étape est cru­ciale pour obte­nir un beau fini. C’est pour­tant une des étapes les moins appré­ciées en menui­se­rie : s’est assez ennuyeux, pous­sié­reux et demande beau­coup de temps.

Si l’on ne ponce pas suf­fi­sam­ment, les traces d’outils uti­li­sés (défon­ceuse, racloir, rabots …) vont res­ter visible après fini­tion (bien que cela puisse avoir son charme en lais­sant appa­raitre le côté « fait main »).

Si l’on ponce trop, cette étape deman­de­ra du tra­vail sup­plé­men­taire inuti­le­ment.

Fina­le­ment, quand doit-on s’arrêter de pon­cer ?

Les différentes sortes de papier abrasif

Les menui­siers ou autres bri­co­leurs ayant déjà uti­li­sé du papier de verre (l’autre nom cou­rant don­né au papier abra­sif) savent qu’il existe dif­fé­rentes qua­li­tés. Bien que cela ne soit pas l’objet de cet article, on peut dire que les par­ti­cules abra­sives uti­li­sées, le liant uti­li­sé et la qua­li­té du for­mat du sup­port vont jouer.

Pour clas­ser les abra­sifs, la gros­seur des grains qui les com­posent est uti­li­sée. Cette taille fait l’objet des nomen­cla­tures FEPA (Fede­ra­tion Of Euro­pean Pro­du­cers of Abra­sives). La taille est pré­cé­dée de la lettre « P » afin d’éviter la confu­sion avec une autre nomen­cla­ture uti­li­sée en Amé­rique du Nord (CAMI).

abrasifs avec différents grains de ponçage

 

Dif­fé­rentes gra­nu­la­ri­tés
Gra­nu­la­ri­téTypeTaille moyenne des grains
P40P120gros grain425μm – 125μm
P120P220grain moyen125μm – 68μm
P220P280grain fin68μm – 52,2μm
P280 – …grain extra-fin52,2μm – …

 

Quelle stratégie pour poncer ?

Les menui­siers se posent cette ques­tion depuis fort long­temps et les débats ne sont pas près d’être clos… Il suf­fit de par­cou­rir les forums spé­cia­li­sés pour se rendre compte que cha­cun a « sa » méthode qui fonc­tionne bien pour lui (et que les autres devraient employer ?).

Après les coups de racloir des­ti­nés à gom­mer les grosse imper­fec­tion, viennent les pon­ceuses ou les cales à pon­cer prêtes à lais­ser une sur­face des­ti­née à rece­voir la fini­tion. Mais, à quel grain je com­mence ? Et je m’arrête ou ?

Expérimentez !

La meilleure des méthodes reste encore l’expérimentation. Il vous reste des chutes de bois que vous n’avez pas uti­li­sées pour la construc­tion de votre meuble ? Ser­vez-vous en pour repro­duire les étapes de pon­çage que vous allez réa­li­ser et appli­quez la fini­tion.

  1. Sur une chute, après un coup de racloir, vous pou­vez par exemple tes­ter la séquence sui­vante :
    • P120 (gros grain)
    • P150 (grain moyen)
    • P220 (grain fin)
    et appli­quez la fini­tion de votre choix.
  2. Sur une autre chute essayer ensuite la séquence
    • P120 (gros grain)
    • P150 (grain moyen)
    • P220 (grain fin)
    • P320 (grain très fin)
    Appli­quez la fini­tion de la même façon, lais­sez sécher : voyez vous une dif­fé­rence avec l’échantillon pré­cé­dent ?
    Si non, alors vous pour­rez vous arrê­ter de pon­cer au grain P220.
    Si oui, essayer de pous­ser encore un peu dans la gra­nu­la­ri­té pour voir s’il y a encore des dif­fé­rences.

abrasifs utilisés pour poncer

Je n’ai pas trop le temps d’expérimenter … je fais quoi ?

Beau­coup de menui­siers s’accordent à dire qu’en géné­ral, on peux s’arrêter au grain P220. Cepen­dant, il serait trop simple de s’en tenir à cette conclu­sion. Comme nous allons le voir, sui­vant la fini­tion que vous appli­que­rez et par­fois le type de bois que vous uti­li­sez, il peut être néces­saire de pous­ser plus loin dans la gra­nu­la­ri­té uti­li­sée…

Un autre cas par­ti­cu­lier échappe à cette recom­man­da­tion : pour pon­cer le bois de bout (l’extrémité de votre planche), il peut être néces­saire d’aller jusqu’à un grain P320, voir P400. Cela per­met d’avoir une fini­tion plus uni­forme.

Ponçage / Finition vont de pair

Finition à base d’eau (aqueuse)

Une fini­tion à base d’eau aura ten­dance à rele­ver les fibres du bois lors des pre­mières couches. Pour évi­ter cet écueil, on uti­li­se­ra un linge humide (pour rele­ver les fibres) et un grain plus fin en sui­vant ces étapes par exemple :

  1. P180
  2. P320
  3. P400
  4. linge humide pour rele­ver les fibres
  5. P400
  6. … répé­ter les étapes 4 et 5 jusqu’à ce que le bois reste « doux » après avoir rele­vé les fibres (étape 4)

Finition cirée

Tablette cirée

Contrai­re­ment à une fini­tion à base d’eau, il est inutile de rele­ver les fibres pour une fini­tion cirée : celle ci laisse une fine pel­li­cule sur le bois. On peux donc se conten­ter d’un pon­çage clas­sique en s’arrêtant au grain P220.

Finition huilée

Plus votre pon­çage est fin moins d’huile pour­ra péné­trer dans le grain du bois… on pour­ra donc s’arrêter là aus­si au grain P220.

Fond-dur

Le fond-dur est à base d’alcool et ne relève donc pas les fibres. Il s’applique sur une sur­face lisse (P240). Après appli­ca­tion du fond dur on peut égrai­ner à P320 (maxi­mum 3 couches).

Finition vernis / peinture

Les ver­nis laissent un fini dit « fil­mo­gène » (qui génère un film). Bien sou­vent, on peut pour ce type de fini­tion s’arrêter à un grain moyen (P150).

Est-ce que la granularité finale doit changer suivant l’espèce du bois ?

Bien que l’on puisse géné­ra­le­ment com­men­cer à pon­cer avec un grain P150, cer­tains bois plus denses (érable, châ­taigne, chêne… ) peuvent néces­si­ter de com­men­cer avec un grain plus faible comme le P120.

Et après la finition ?

Cer­taines fini­tion néces­sitent un égre­nage entre les couches afin d’avoir le ren­du le plus lisse pos­sible.

Vernis

Pour cette fini­tion, on pro­cé­de­ra comme suit :

  1. Pre­mière couche de ver­nis
  2. Égre­ner à P400
  3. Seconde couche
  4. Égre­ner à P600
  5. … et conti­nuer de cette façon en fonc­tion du nombre de couche

Ensuite, si l’on veut un ver­nis très brillant (comme une laque), on pour­ra uti­li­ser un pon­çage à l’eau (sans oublier d’essuyer et rin­cer à chaque étape) : P600, P1200, P2000, P3000, P4000. On ter­mi­ne­ra par un polis­sage (au polish de fini­tion).

Huile

Une fini­tion hui­lée ne néces­site pas d’égrenage (ne pas oublier d’enlever l’excédent au chif­fon entre chaque couche).

Conclusion

Je ne peux que vous encou­ra­ger à tes­ter, expé­ri­men­ter (et faire ses propres erreurs, cela fait par­ti du jeu) et à vous faire votre propre opi­nion. Comme nous l’avons vu, en fonc­tion de la fini­tion et du bois uti­li­sé, le pon­çage ne sera pas le même !

N’hésitez pas à me faire par de vos remarques ou de votre expé­rience dans les com­men­taires… cela per­met­tra d’enrichir l’article et de faire pro­fi­ter de nos connais­sances à tout le monde !

Références

« When to Stop San­ding » par Ari Tuck­man dans Fine Wood­wor­king #189

Cré­dit pho­to : milk­pain­ter | Patine d’Autrefois

1 Commentaire

  1. sio

    Enfin un bon article suc­cinct. J’ai trou­vé toutes les réponses à mes ques­tions, mer­ci beau­coup !

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